MOUVEMENT

 

AMOUR ENCLUME

Chasseur de brume
Qui vole les maux
De l'univers

Ton sol consume
Et coupe au couteau
L'air ordinaire

Avant de t'avoir
Fallait savoir qui j'étais moi
Avant de savoir
Comment t'avoir
j'étais pas encore moi

L'amour enclume
Délie les mots
Pris dans la panse

Solide fortune
Tes mains étaux
Gardent mon silence

Avant de t'avoir
Fallait savoir qui j'étais moi
Avant de savoir
Comment t'avoir
j'étais pas encore moi
Avant de savoir comment t'avoir
J'étais pas moi

 

BÉTAIL

Ses doigts dans ses cheveux
Le désir dans tes yeux et dans ceux de 15 autres comme toi
Ses pièges sont installés
Pour attraper les bêtes garçons ça en dit long sur l'état de ta naïveté

La soirée avancée
Le jugement arrosé par des litres et des litres de pensées magiques
Ton regard hébété devant l'image de la beauté
La chasse a commencé tu l'auras pas gagnée

Comme un troupeau de petits soldats au garde-à-vous
Un bétail d'idiots maladroits
dans le jeu de l'amour

Tu en feras ton berger
Te laisseras guider vers un gouffre que t'auras bien cherché
Tu te places à la merci
D'un loup aux allures de brebis
Sous-estimant son appétit

Comme un troupeau de petits soldats au garde-à-vous
Avec leur air de gros bêta devant la fille et ses atouts
Affichant son sourire béat faisant défiler tour à tour
Son bétail d'idiots maladroits

Même les coqs vaillants
Courent dans les champs
Se redressant de toute leur crête
Comme des poules sans tête
Le trappeur s'installe et tire une balle
Vers l'animal qui lui fait front
La bête couchée de tout son long
Victime de sa propre perception

 

CARNAVAL

Ma tête est légère comme une plume
Tu fais diminuer le volume
De mes pensées

Le ciel est rempli de lumière
Je veux pas regarder à terre
Et te manquer

La plus belle chose dans la vie
C'est un manège qui t'étourdit
Ou rouler en sens interdit
Avec toi

Marcher flottant comme un ballon
Sourire dans ta direction
Et te chanter

Je peux sentir mon cœur qui fume
Quand la switch de tes yeux s'allume
Sur les miens

La plus belle chose dans la vie
C'est un manège qui t'étourdit
Ou rouler en sens interdit
Avec toi

S'enfuir ensemble dans la nuit
Dans la grandeur infinie
De l'amour qui nous unit
Toi et moi

 

COUREUR

Ma tolérance arrive à sa limite
Comme un coureur qu'on renvoie à sa ligne
Les vertus de ma patience ne sont pas infinies
Et la marge d'espérance qu'il reste lentement se replie

Comme une histoire qui évite son dénouement
Un corps qui respire pour passer son temps
D'éviter les départs c'est se tirer dans le pied
Appréhender les résultats avant même d'avoir essayé

Les bons joueurs se risquent et puis font face
Mais dans la peur tu pratiques ton surplace
Et te contournent ces êtres aux jambes agiles
Vu ton choix de rester immobile

De vérifier si les souliers te font
N'amènera pas la sueur à ton front
De posséder l'armure ne te rend pas guerrier
Encaisser les coups durs veut aussi dire se relever

Les vainqueurs se risquent et puis font face
Mais dans la peur tu pratiques ton surplace
Et te contournent ces êtres aux jambes agiles
Vu ton choix de rester immobile

 

FIGURE DE STYLE

De vouloir t'entêter à faire croire
Que t'es pas là pour te faire voir
C'est comme de brandir un grand drapeau
Avec un blanc comme seul mot

Faudrait pas perdre la face
Fait que tu restes en surface
Ton intégrité sur la glace

D'hypocrisie dirigée
Vers tes amis supposés
Sont construits tes beaux discours
Destinés à te montrer sous ton meilleur jour

Faudrait pas perdre la face
Fait que tu restes en surface
Ton intégrité sur la glace

Thank God si ça fait des envieux
Que tes pions soient plus nombreux
Comme si leur vie était ton jeu

Une veste en jeans décontractée
Et un air faussement détaché
Trop concentré à avoir l'air
D'être ben au-dessus de tes affaires

Tes groupies qui sont pâmées
Devant ta fausse identité
Un manque de profondeur qui match
L'égo que tu portes sur la face

 

ÎLES PARADIS

Entends-tu le bruit du vent
Le boom assourdissant du grand calme
Le décor étourdissant
La vitesse aux tournants dans les côtes

Sens-tu le temps qui s'étend
Avec le sable blanc

Laisser ton doute s'envoler
Avec le ciel étoilé
Ressentir les poids s'alléger
Entre demain et les défaites du passé
Un océan traversé

Les couleurs sur les maisons
Le bonheur sur le long comme sur des roues
La hauteur des cerfs-volants
Les rires dans les courants qui voyagent

Boire l'équivalent d'une mer
Et voir bien plus clair

Laisser ton doute s'envoler
Avec le ciel étoilé
Ressentir les poids s'alléger
Entre demain et les défaites du passé
Un océan traversé

 

L'APOGÉE

La lumière sur moi
La poussière qui s'en va
Le silence qui se dépose
Sur la terre de mes combats

L'âme dans la voix
L'espace d'autrefois
Des compartiments trop étroits
Pour ouvrir les bras

Et si je devais aimer la vie j'ai réussi
La part de peur qui s'est enfuie quand j'ai choisi de m'aimer moi aussi
On choisit on choisit d'aller dehors à grande lumière
Ou de s'enfermer et se taire

Les mains dans les airs
Une trêve sur mes guerres
Le sourire qui peut défaire
Toutes les forces de la misère

Et si je devais aimer la vie j'ai réussi
La part de peur qui s'est enfuie quand j'ai choisi de m'aimer moi aussi
J'ai choisi j'ai choisi d'aller dehors à grande lumière

La nuit plus claire
Le vent qui laisse faire
La musique qui joue dans l'air

Libre de colère
Mon cœur qui transfère
Un amour grand comme la mer

Le temps qui espère
Être assez grand pour laisser les prières
Devenir vraies

 

L'OUVRE-BOÎTE

Les yeux gênés
Aveux chargés
Du poids des années

Corps fatigué
D'avoir manqué
De bras pour l'encercler

Soirs en solo
L'ennui en trop
Les jours qui passent par numéros

Demain j'irai jouer dans l'air
Sans épaulettes ni gardien
Si bien que mon cœur de fer
Trouvera peut-être son terrain

La confiance hésitante
La peur qui bat son plein
Le désir qui nous tente
N'est pas sûr pour demain
On a déjà vu l'incassable plier
Les victimes d'amour improbable s'oublier

Demain j'irai jouer dans l'air
Sans épaulettes ni gardien
Si bien que mon cœur de fer
Trouvera peut-être son terrain
Mes jambes guidées par la hâte
Courant comme pour fendre l'air
Vers ta main comme un ouvre-boîte
Sur mon cœur de fer

 

MOUVEMENT

Je vois plus comment c'était avant
Je ne reconnais plus les formes dans les images déjà vues
L'allure du même mouvement
Qui évolue plus défini pour que j'oublie le tableau précédent

Dessiner des corps sur le blanc
Tracer des lignes qui reproduisent la vie qu'on s'imagine
Films inventés en attendant
D'avoir le courage des gestes délimitant le présent

Éliminer d'une main fébrile
Les traits qui retenaient
l'espoir fragile
Pour changer le mouvement
et l'effet du temps
Il faut passer par dedans

Caractère en reproduction
Scènes retournées de cent façons dans une même longueur d'onde
Encore en quête de direction
Essayant d'éviter d'affronter le fond

Éliminer d'une main fébrile
Les traits qui retenaient
l'espoir fragile
Pour changer le mouvement
et l'effet du temps

Pour changer le mouvement
et l'effet du temps
Il faut passer par dedans

 

LE POISSON

Y'a quelqu'un qui a éteint ma lumière
Affaibli l'intuition qui m'éclaire
Et les cendres des souvenirs d'hier
Balayées derrière mes paupières

J'ai tenté l'impossibilité
Mais mon courage a feint à ton passage
Si tu m'aimes comme tu dis que tu fais
Tu me laisseras habiter ma paix

Les barreaux qui forgent ta clôture
Sont trop haut pour un corps qui a tant d'usure
Si l'amour c'est bien ce que tu crois
Tu baisseras ces armes pointées sur toi

Toujours les mêmes mots défilés
La même disposition
Une histoire déterminée
Par un barda d'émotions
Du passé pas classé
Et ça me glisse sur le dos
C'est triste comme un poisson sans eau

 

TA MAISON

Tu gardes tes trésors et tes désirs
Dans des jarres pour les avoir
en souvenir
Toutes les minutes que tu passes
à les polir
Tu creuses aussi les tranchées
qui te séparent de la réalité

Tu empiles les corps jusqu'au plafond
Et tu ne peux pas te défaire
des cartons
Qui remplissent l'espace vide partout
Et qui écrasent tous ceux
qui t'entourent

Autour de ta maison
Il y a des fossés trop profonds
Que t'as creusés comme une damnée pendant 30 ans
Et t'as détruit les ponts que
j'ai construis vers toi

Tu gardes tous les dessins et
les vieux papiers de gommes
Tu ne veux plus voir de lendemain dans le cœur d'aucun homme
Ça pis tes calendriers
Qui débordent de rendez-vous
que t'as manqués

Autour de ta maison
Il y a des fossés trop profonds
Que t'as creusés comme une damnée pendant 30 ans
Et t'as détruit les ponts
que j'ai construis vers toi

Renoncer à la lumière du jour
Dire adieu à des mots tendres
Parce qu'on a peur de ceux
qui sont plus durs
Rester enfermée entre quatre murs
Tant que tu restes dans ta maison
Habitée par des objets inanimés
Tu risques pas de mourir ni de vivre
Faire le mort quand t'es en vie
Comme si tu voulais qu'on t'oublie

MOUVEMENT
JANVIER 2015

Amour enclume
Îles paradis
Coureur
Figure de style
Bétail
l'Ouvre-boîte
Le poisson
Ta maison
Mouvement
L'apogée
Carnaval